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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 16:24

Addiction par D. Clerc (un de mes "maîtres à penser"). Vous pouvez lire le texte intégral  ici

 

La crise est un extraordinaire révélateur. [...]je veux parler des analyses et des jugements de ceux qui n'ont rien vu venir ou ont laissé faire. Il me semble que l'on peut, en utilisant des mots savants, les classer en deux grandes catégories: les psittacistes et les amnésiques.

 

Les premiers souffrent d'une étrange maladie: comme les perroquets (psittaci en latin), ils répètent en boucle les mêmes phrases, les mêmes expressions ou les mêmes formules. Mais, à la différence des volatiles, ils expriment une conviction: la crise, comme tout ce qui perturbe la délicate machinerie économique, c'est la faute à l'Etat. [...]

 

Pour Gary Becker, aucun doute, la Réserve fédérale américaine, la Fed, a fourni la dynamite "en maintenant des taux d'intérêt trop bas dans les années 2002-2004", tandis que Richard Posner estime que "les financiers portent une responsabilité initiale dans la dépression, mais on ne peut pas plus les en blâmer qu'on ne blâmerait un lion d'avoir mangé un zèbre. Le capitalisme est darwinien". Les 700 000 zèbres - les chômeurs, si vous préférez - supplémentaires prévus par l'Insee en 2009 ont intérêt à courir très vite s'ils ne veulent pas être à l'origine d'une multiplication des lions.

 

Mais la palme, comme d'habitude, revient à Pascal Salin: "La gravité de la situation actuelle en France, c'est que nous sommes dans un système très pervers où des millions de réglementations existent. Si on pouvait les mettre bout à bout, on s'apercevrait que nous vivons dans un monde presque totalitaire." Ah, si la France avait été un paradis fiscal au lieu d'être un enfer étatique, il n'y aurait jamais eu de crise.[...]

 

Les amnésiques, c'est autre chose. A peine ont-ils entrevu une petite lumière qu'ils croient être au bout du tunnel et, nouveaux Bossuet, les voilà qui proclament: "La crise se meurt, la crise est morte." Un temps inquiets, ils peuvent alors revenir à leurs dadas favoris et faire comme si tout cela n'avait jamais existé. [...]

[...] Les banquiers américains remboursent l'Etat pour pouvoir fixer librement leurs rémunérations à des niveaux "convenables"; France Inter recommence à diffuser les pubs pour des produits de placement à rendements mirobolants (merci Cerise), le Premier ministre envisage de reculer l'âge de la retraite comme si nous manquions de main-d'oeuvre, les journalistes sportifs célèbrent à l'envi la victoire de Peugeot aux 24 heures du Mans, comme si l'effet de serre n'était qu'un mauvais souvenir... Bientôt, on va sortir de la crise et tout va redevenir comme avant. On s'est fait peur, mais c'est fini.

 

Amnésie? En réalité, je m'interroge: quand on s'empresse de retourner à ses comportements antérieurs, alors même qu'ils sont générateurs de catastrophes, ne serait-il pas plus judicieux de parler d'addiction?

 

Denis Clerc

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Published by Bellona - dans Actualités
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commentaires

jm 19/08/2009 10:28

j'ai lu cet article sur alternative éco, toujours de bons articles.Amitié

marcel 09/08/2009 16:31

he bien voila c'est super je vais pouvoir accéder maintenant au super blog d'une chti bonne fin de journée
Marcel

mocekx 08/08/2009 15:40

gouverner dit le dicton c'est prévoir et nos gouvernants ont été en dessous de tout pour le reste on peut dire ce qu'on voudra il ne restera aux générations futures que cette imprévision

christophe !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 07/08/2009 22:08

coucou , je passe rapidement pour te dire que je suis en vacances depuis ce soir ,
comme c'est bon !!!!!
je te souhaite une très bonne soirée , @ +

fusette2 07/08/2009 16:49

le "plus jamais çà" n'est pas dans la nature humaine... Ce matin j'entendais Lagarde dire qu'il n'était pas possible de changer la réglementation des bonus bancaires en France (il fallait que ce soit une réglementation mondiale)..car on risquerait de voir partir nos meilleurs tradders à l'étranger. A croire que la fuite de quelques centaines d'employés et vachement plus importante que les milliers d'ouvriers qui se retrouvent sur le carreau de nos industries..