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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 18:37

Les centres sociaux sont, d'après la fédération des CS, des structures de proximité visant créer du lien social au travers des actions sociales diverses. 

Le Nord ( 59) est la région qui compte le plus de centre sociaux en France ( 141 à l'heure actuelle, mais ça va pas durer...). Et en ce moment les murs de ces structures tremblent d'effroi, car de nouvelles politiques de financements sont mises en place, notamment par la CAF, principal financeur de ces associations.

 

carte-CS.JPG 

J'ai travaillé en centre social, en tant que responsable de secteur ( un grand mot, pour un salaire de misère et une reconnaissance proche du néant). Puis, j'ai "sévit" au sein d'un conseil d'administration durant 2 ans et demi, que j'ai quitté dernièrement en claquant la porte. Hors de question de participer au lynchage des salariés, et surtout d'être mise à l'écart parce que je tentais de faire entendre raison aux harceleurs. 

Les centres sociaux, tout d'abord, se vantent de répondre aux besoins de la population des quartiers dans lesquels ils sont implantés. 

Malheureusement l'efficience et l'efficacité de ces actions restent à prouver d'autant que la plupart des bilans effectués sont tronqués : elles ne touchent qu'une partie minime de la population, sans aucun renouvellement du public et coûtent très chères à la société. En outre, ces actions privilégient les actions de consommation, derrière des semblants de participation collective ( lotos par ex) qui ne représentent qu'environ 10% des budgets totaux. 

Quant aux modes de management, même les plus grandes entreprises n'oseraient pas mettre en place ces pratiques.

Et non m'ssieurs dames, les centres sociaux n'appliquent pas à eux même ce qu'ils sont sensés porter : respect de l'être humain, éthique, non discrimination. Tout à coup, lorsqu'on parle du personnel de ces structures, ces valeurs n'existent plus. 

On pourrait me targuer de faire d'un exemple une généralité... sauf que mon constat se base sur de nombreux exemples, où les directions de centre sociaux s'apparentent à de petites dictatures, basées sur les affinités personnelles voire sexuelles entre les acteurs, plutôt que sur les compétences de ces derniers. 

Ces derniers temps, je vous le disais, les conseil d'administration  tremblent dans leur culotte en observant la trajectoire que prennent les financements publics à l'encontre des centre sociaux. 

La CAF du nord, très généreuse en la matière, a décidé qu'elle ferait des coupes dans les financements sur fonds propres, préférant financer des actions concrêtes basées sur des appels à projets, comme le font d'ores et déjà la fondation de france, le conseil général, le conseil départemental ou l'Europe. Terminé le gavage de fric à tout va! Et les communes d'y mettre leur grain de sel, en prévenant déjà les intéressés : "nous ne financerons pas la manque à gagner, les caisses sont vides". 

C'est alors que les présidents y vont de leurs chaudes larmes, agitant les drapeaux du désespoir : c'est la mort des centres sociaux, au secours !

Oui, et alors ? 

Avec un budget moyen de 755000 € ( pouvant aller jusque 1108419 €!), les centres sociaux du nord sont un veritable gouffre financier, dont l'impact reste très limité en terme d'utilité sociale, quoiqu'ils en disent. 

D'après un rapport publié par la fédération des centres sociaux, les centres sociaux ne concernent que 4792 personnes/bénévoles tout au plus, sachant qu'ils croisent les données entre les personnes simplement bénévoles et les administrateurs...

 

budget-CS.JPG

4800 personnes en arrondissant... pour une population de...2 566000 habitants...soit 0,18% de la population... CQFD!

Alors, halte aux mensonge promulgués dans les articles de presse, voulant faire croire que dans les seuls CS de la métropole Lilloise, quelques 25000 personnes seraient de passage chaque années ( en fait ce sont des cumuls de passage... toute la différence est LA!).


Alors, oui, les centres sociaux du nord font travailler 1946 temps plein, soit 5000 personnes ( oui ce sont les rois du contrat aidé et autre contrat précaire), mais dans quelles conditions ? 

Ils se vantent de former leurs salariés, alors que la plupart des formations proposées sont destinées aux personnes déjà qualifiées et que ce  sont des formations de courtes durées, de type séminaires, ou comment refaire le monde avec sa langue et sa "bien pensance". 

Mais surtout, ils embauchent des directeurs payés à plus de 3000 € mensuel ( c'est la grille de pesée qui l'impose), qui sont souvent incompétents, et formés au harcélement en tout genre. 

 

CS2.JPG

Quelques exemples ? 

Allons y...

 

Melle X a été embauchée sur un secteur famille comme "responsable". Sa mission : re mettre en route le secteur, qui avait été laissé à l'abandon suite à la démission de l'ancienne "responsable", partie pour cause de dépression profonde, et même internée quelques temps avec des tentatives de suicide recurrentes. 

Melle X se retrouve donc, du jour au lendemain, promue au titre de responsable de secteur, sans expérience sur ce poste et sans aide de l'équipe qui la prend en grippe de suite, puisqu'une autre personne était sensée prendre ce poste à l'interne. 

Melle X s'en sort malgré tout, relance le secteur, met en place des actions, conceptualise des projets, créé un réseau partenarial, sacrifie ses week ends, ses nuits, ses vacances, puisque le "militantisme" est une valeur clef des centres sociaux...imposée aux salariés ( alors que le militantisme doit être une action personnelle, altruiste, choisie, individuelle...). 

Quelques mois plus tard, changement de direction. Le nouveau directeur a déjà un plan en tête. Plan qu'il partage avec le C.A et quelques autres salariés, mais qu'il ne divulgue pas à Melle X, qui sera désormais dans son champ de tir. 

Tout y passe : dossiers de financement non envoyés, reproches en tout genre, blagues graveleuses, surveillance accrue... 

En quelques mois, Melle X, qui était devenue une professionnelle reconnue et appréciée, arrive au boulot la boule au ventre, la gorge serrée...

Les collègues la regarde du coin de l'oeil, mais ne disent mot... ils sentent bien qu'ils pourraient être les prochains sur la liste...

Baisse de budget sur le secteur ( alors qu'il est en pleine expansion), moins de moyens, impossibilité de travailler dans des conditions décentes...

Melle X est jeune, elle est encore naïve, ne voit pas le couperet tomber... 

Convocation dans le bureau de la direction : Melle X n'est "pas faite pour le social". Elle serait "psychorigide", il faudrait qu'elle fasse une formation. Et pourquoi pas pour devenir formatrice pour adulte...

Et pour l'y aider, on va embaucher une animatrice qui la remplacera durant les jours de formation...

Melle accepte... la situation lui échappe...

L'animatrice  remplacante en question prend ses aises dans le bureau, mais aussi sur les genoux du directeur. Elle minaude pendant que Melle X s'écroule d'épuisement et de désespoir. Maintenant, elle comprend pourquoi l'ancienne responsable de secteur est partie en vrille...

Quelques mois plus tard, Melle X reçoit un avertissement : elle ne satisferait plus aux exigeances du poste. Comme ça, soudainement.

On la convoque dans le bureau pour la gronder au moindre grain de sable, même si elle n'en n'est pas responsable.

On continue de bloquer ses demandes de financements sur des projets phares ( heureusement, Melle X a de la ressource et a un contact direct avec ses partenaires, évitant ainsi un avertissement pour faite lourde...).

Voyant que Melle X s'accroche à son poste comme une damnée, la direction, qui a pris soin de l'isoler du reste de l'équipe (plus d'invitation aux réunions d'équipe, aucune visibilité du secteur au C.A, annulation des activités animées par cette dernière, ou remplacement par un animateur prestataire ami de la direction...) décide de la virer pour raisons économiques. 

Oui, le centre social va mal. la direction se paye des restos, des abonnements téléphoniques et du matos hight tech sur le dos des contribuables...

Alors on vire Melle X et ça passe à l'inspection du travail, puisqu'il n'y a plus d'argent pour son poste...

La remplacante de Melle X sera quand même vite embauchée en CDI quelques mois plus tard, avec un niveau de rémunération bien supérieur. L'inspection du travail n'y trouvera rien à redire.

Une fois que cette remplacante trouve un autre amant ( elle a obtenu le poste, pourquoi continuer de coucher avec le directeur ? ), la direction du CS la harcèle à son tour. 

Mais ce qu'a oublié la direction, c'est que la remplacante est fille de syndicaliste. 

Prud'homme.. elle a gagné...

le centre social fermera ses portes 3 ans après l'éviction de Melle X, qui elle, a repris les études, mais qui est grillée professionnellemment aurpès des autres centres sociaux. 

 

Un autre exemple ? 

Mr T est responsable du secteur Jeunesse depuis presque 10 ans. Mais depuis 3 ans, le nouveau Président a décidé, avec d'autres sbires du bureau ( des amis pour la plupart), que Mr T n'était plus motivé. Il demande donc, de façon non officielle, de mettre la pression sur ce dernier. La direction s'en donne à coeur joie au détriment de Mr T puis de Mme A.

La situation se dégrage peu à peu , car la direction apprécie son rôle de petit dictateur et s'en prend désormais à presque toute l'équipe. Grève générale, renvoie de la direction avec un joli petit pactole ( celle ci a bien négocié, elle devait détenir des informations compromettantes). 

Un an plus tard, une nouvelle direction est embauchée.

A priori, la personne semble plus ouverte. les premiers mois ( d'essai) font croire à un apaisement de la situation. Mr T et Mme A ne sont plus importunés, ils sont même targués d'être de bons professionnels. Mais c'est sans compter sur l'obsession du Président envers ces deux personnes...

Une fois la période d'essai expirée, la Direction applique une nouvelle méthode de management. Dorénavant, Mr T et Mme A sont démotivées, incapables de s'intégrer à l'équipe ( 10 ans de bons et loyaux services chacun!), et cristallisent des sentiments hostiles de la part de certains membres du C.A et de la direction.

Chaque Conseil d'administration évoque leur cas, leur démotivation, leur "résistance", leur "maladie imaginaire"...

Les sanctions tombent, au fil du vent : manque de motivation, bilans ne correspondants pas aux attentes etc...Observations, avertissements, humiliation devant les adhérents, hurlements dans le bureau, mails menaçants...

Puis des convocations pour que ces personnes présentent les projets qu'ils mettent en place, réunions qui tournent en lieux de linchage en bonne et due forme, en présence de membres du C.A et de la direction.

Des convocations presque journalières ( sous couverts d'informations sur certains dossiers) pour Mr T, sous prétexte de parler d'un dossier particulier, qui évolue vers des recadrages musclés de la part de la direction.

Interdiction de rencontrer le médecin du travail, des refus de congés, des évaluations spécifiques à ces deux personnes, des changements de missions, des coups de téléphones intempestifs à domicile, des retenues sur salaire alors que la convention maintient le salaire en cas d'arrêt maladie,  l'embauche de salariés sensés être sous leur responsabilité sans leur consentement et sans que le lien hiérarchique ne soit respecté ( sauf lorsque le collègue en question fait des bourdes)... 

Les autres membres de l'équipe les prennent à partie, on les isole...

Ils commencent même à les insulter, leur faire des coups foireux, sans que la direction ne bouge le petit doigt. 

Mme A fait une grosse dépression

Mr T la suit quelque temps plus tard. 

une autre collègue, qui a des affinités avec ces deux personnes est aussi prise à partie. 

Du jour au lendemain, elle devient une personne qui n'est plus motivée. On la méprise, on lui met la pression pour qu'elle accepte de changer son contrat de travail, on lui envoie un avertissement parce qu'on lui reproche d'avoir utilisé les services de la poste pour allonger les délais de transmission d'un document la concernant ...

Elle part elle aussi en dépression...

Mais les discours restent les mêmes : ce sont des arrêts de complaisance. ce que le médecin du travail note ? C'est n'importe quoi. de toute façon, il est nul ce médecin.

On leur envoie des avertissements même lorsqu'ils sont en arrêt.

La direction prend un malin plaisir à mettre la pression sur ces salariés. 

En attendant, des salariés sont harcelés quotidiennement, sur leur lieu de travail ou même chez eux...

Durant les bureaux ou les C.A, les paroles sont dures : "si elle n'accepte pas les conditions qu'on lui impose, elle dégage". "Si les transports font grève et qu'elle est en retard, elle se démerde!" "Sa soeur est morte il y a trois jours? Chacun ses problèmes". Et j'en passe. 

Quelques membres du C.A tentent de rappeler les lois. " la convention protège trop les salariés" leur répond t-on.

Puis, comme ils ne se plient pas aux délires du Président et de la Direction, on verrouille les informations, on cache les pratiques. 

 

Des exemples comme celui-ci, il y en a des centaines. 

Des directions de centre obtenues par copinage ( les centres sociaux sont une petite mafia ou tout le monde se connait) mettent à mal des équipes , mais aussi des projets ( même si ceux -ci sont souvent peu efficaces). 

Alors la fin des centres sociaux est -elle proche ? 

OUI

Avec des financements qui se réduisent drastiquement, et des équipes que l'on maltraite, nul doute que les centres sociaux ont sérieusement du souci à se faire. 

Dans les tuyaux, une nouvelle organisation de la CAF avec une départementalisation réunissant plusieurs régions... et donc encore moins de financements. 

Et des collectivités territoriales qui songent à une capitalisation des compétences, comprenez une réduction des effectifs, la fermeture de certains centres pour créer des antennes où tourneront les activités. 

Les centres sociaux vont devoir mieux cibler leurs objectifs, mais aussi repenser leurs méthodes de gestion financières et managériales s'ils veulent survivre. Et surtout essayer de toucher plus de personnes pour être crédibles en termes d'utilité sociale.

Mais l'égocentrisme de certains Présidents et/ou de certaines directions, persuadés qu'ils sauvent le monde, (ces pauvres gens des quartiers qui ne savent rien faire de leur vie) et  tellement flattés d'avoir du pouvoir sur d'autres être humains feront la perte des centres sociaux. 

Les centres sociaux ont été créés pour et par les habitants de quartiers.

Ils sont devenus les royaumes de minables despotes qui les utilisent pour satisfaire leurs personnalités narcissiques. 

D'ici quelques mois, l'hécatombe débutera...

RIP.

 

 

 

 

 

 

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Published by Bellona - dans Actualités
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commentaires

haizea 17/06/2017 11:35

Bonjour,
J'aimerai prendre contact avec vous par mail.. cordialement

Zaieman 06/07/2013 14:56


Salut , je trouve votre post vraiment sincère et je confirme que son contenu l'est aussi .Je vous félicites pour ce courage de dénoncer ce réseau plus que louche.Il demeure que votre témoignage
confirme la régle du silence bien entretenu face à de véritables tortionnaires et manipulateurs.Mélange de la politique et des milieux associatifs ne font pas bon ménage d'ailleurs non plus...bon
courage et continuez Bravo!

mocekx 18/10/2012 09:15


eh bien on en apprend de belles! je crois qu'un minimum de rigueur dans la gestion et d'éthique de responsabilité doit être demandé à tous ceux qui ont une responsabilité quelle qu'elle soit

Bellona 30/10/2012 19:17



Surtout à ceux qui reçoivent de l'argent public. 


Bonne nouvelle : les partenaires financiers se réveillent enfin et commencent à retirer leurs billes...


Pour les mettre ou ? 


TO be continued...



trublion 17/10/2012 18:23


ces exemples expliquent pourquoi la France va mal !


Dès qu' on donne un peu de pouvoir, les gens se croient tout permis, et jouent au petit despote !


Peut être est ce une bonne chose qu' on cherche à stopper la gabegie !


 bonne soirée

Bellona 17/10/2012 18:36



Et à stopper l'hémorragie financière ! 


Car, avec une moyenne de 755000 euros, je serai bien curieuse de savoir combien de millions sont dépensés pour les SEULS CS du nord...


Bonne soirée!